Deutéronome signifie littéralement deuxième loi.

« Deutéronome » signifie littéralement « deuxième loi » en référence à la Loi donnée sur la montagne du Sinaï. Le livre du Deutéronome se présente comme une série de longs discours de Moïse juste avant l’entrée en Canaan. Même si ces discours énoncent diverses prescriptions juridiques (reprenant entre autres les dix commandements, ce qui a permis de parler d’une seconde loi par rapport à l’Exode), il ne s’agit pas d’une simple compilation de textes juridiques. Il s’agit plutôt d’une tentative de parler directement au cœur de l’homme, de le convaincre que son bonheur ne se trouve que dans la fidélité à la loi du Seigneur.

Cinquième et dernier livre du Pentateuque. La Bible juive l'appelle, de ses premiers mots, Elleh haddebarim (« Voici les paroles ») ou simplement Debarim (« Paroles »). La Bible grecque, et à sa suite la Vulgate, l'intitulent « Deutéronome » (deuteros nomos, « seconde loi ») — selon l'interprétation donnée à XVII, 18 — , parce que, venant après les autres livres législatifs (Exode, Lévitique et Nombres) et contenant aussi un code de lois, ce livre apparaissait comme une réédition du code mosaïque.

On tend aujourd'hui à rattacher le Deutéronome aux milieux israélites du Nord. Il marque, en effet, une continuité réelle avec la tâche de l'élohiste (l'Horeb supplante le Sinaï dans les deux cas et le même Décalogue s'y trouve à peu près reproduit ; le Dieu du Deutéronome est toujours Élohim ; etc.). Cependant, grandes sont les différences entre les deux traditions. Dans le Deutéronome, les récits ne prédominent plus et laissent la place aux discours (I-XI et XXVII-XXX), dans lesquels s'insèrent à présent les lois (XII-XXVI), elles-mêmes présentées dans un style oratoire ; l'histoire, qui n'est pas pour autant absente, ne commence qu'à l'Horeb, et Moïse est la figure vedette dominant toute la destinée du Peuple élu. L'unité du culte y est affirmée pour toutes les tribus (XII, 5 : « Vous ne viendrez trouver Yahweh votre Dieu qu'au lieu choisi par Lui, entre toutes vos tribus, pour y placer Son Nom et L'y faire habiter »). Cette insistance sur la centralisation cultuelle répercute la situation religieuse des réfugiés du Nord, qui placent leur fidélité au culte yahviste dans la seule autorité du sanctuaire de David.