Sainte Thérèse d'Avila

Réformatrice du Carmel et docteur de l'Église

Sainte et Docteur de l’Eglise, Thérèse d’Avila est la grande figure de la réforme du Carmel. Elle vivra une vraie conversion, la poussant, malgré bien des résistances, à réformer le Carmel et vivre pleinement sa vocation de carmélite.

Thérèse d'Avila est une religieuse espagnole, née le 28 mars 1515 à Gotarrendura et morte le 4 octobre 1582 à Alba de Tormes. Profondément mystique, elle laisse des écrits sur son expérience spirituelle qui la font considérer comme une figure majeure de la spiritualité chrétienne. Teresa de Cepeda y Alumada entre à 20 ans au Carmel de sa ville. La règle y est alors pratiquée de façon mitigée. Longtemps, elle s’en satisfait. Mais en 1555, en contemplant le Christ en croix et en lisant les Confessions de Saint Augustin, elle décide de vivre pleinement sa vocation carmélite.

Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances.

LA RÉFORME DU CARMEL

Poussée par l’Esprit saint, elle fonde, le 24 août 1562, le petit monastère de Saint Joseph. C’est le début d’un rand bouleversement : en quelques mois les fondations se multiplient : Medina del Campo (1567), Malagon (1568), Valladolid (1568), Tolède (1569), Pastrana (1569)… Elle sera ensuite, avec Jean de la Croix, à l’origine de la réforme de la branche masculine du Carmel, de la même manière que pour les femmes.

Les fondations se poursuivent à un rythme régulier : Villanueva et Palencia (1580), Soria (1581). Après sa dix-septième fondation à Burgos (1582), elle se rend à Alba de Tormes où elle meurt le 4 octobre 1582, en remerciant Dieu de l’avoir faite «Fille de l’Église»

La réforme qu’elle impulse dans l’Ordre du Carmel espagnol entraîne quelques années après sa mort la création d’une branche autonome au niveau de l’ordre : l’Ordre des Carmes déchaux. Cette nouvelle branche monastique s’étendra rapidement dans toute l’Europe puis le monde : le nombre des carmes réformés dépassera rapidement, et dépasse toujours, le nombre des carmes non réformés.

UNE VIE MYSTIQUE INTENSE

Durant sa vie contemplative, la future Sainte Thérèse d’Avila recevra des grâces spirituelles intenses, particulièrement durant l’oraison. Elle raconte avoir sa première apparition ainsi que la vision de l’enfer en 1557. Durant les années suivantes elle reçoit, dit-elle, de grandes faveurs célestes, parmi lesquelles la vision de Jésus ressuscité.

Qu’il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose !
Sainte Thérèse – Chemins de la Perfection
Au sommet de sa vie mystique, Thérèse raconte avoir vécu l’expérience de la transverbération. Dans sa biographie française publiée au xvie siècle il est dit : « Je vis un ange proche de moi du côté gauche… Il n’était pas grand mais plutôt petit, très beau, avec un visage si empourpré, qu’il ressemblait à ces anges aux couleurs si vives qu’ils semblent s’enflammer … Je voyais dans ses mains une lame d’or, et au bout, il semblait y avoir une flamme. Il me semblait l’enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu’il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait toute embrasée d’un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle m’arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur, était si excessive qu’on ne pouvait que désirer qu’elle se poursuive, et que l’âme ne se contente de moins que Dieu. »

DES ÉCRITS QUI FONT RÉFÉRENCES

Elle est l’auteur de nombreux ouvrages tant biographiques que didactiques ou poétiques. Elle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier «Le château intérieur de l’âme» qui est une extraordinaire méthode de prière et d’oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l’oraison contemplative. On retrouve également, pêle-mêle, « Le Chemin de Perfection », « Les Demeures », ou encore « Pensées sur l’Amour de Dieu ». Au XXe siècle, elle est déclarée docteur de l’Église catholique et elle est la première femme à obtenir ce titre.


Thérèse de Jésus, née dans une noble famille d'Avila en Castille, elle entre à 20 ans au Carmel. Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances. Elle fonde de nombreux couvents en Espagne. Elle vit des expériences mystiques très fortes et rencontre saint Jean de la Croix, lui même mystique. Sainte Thérèse de JésusElle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier «Le château intérieur de l'âme» qui est une extraordinaire méthode de prière et d'oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l'oraison contemplative. Paul VI la proclame Docteur de l'Église en 1970.

Elle fait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.

Le 2 février 2011, la catéchèse de Benoît XVI a été consacrée à un portrait de sainte Thérèse de Jésus (1515 - 1582). Teresa de Ahumada, née à Avila (Espagne), eut une éducation et une vie mondaine avant de lire les auteurs spirituels franciscains qui lui apprirent la méditation et la prière.

Elle entra à vingt ans au carmel de sa ville natale, et combattit sa résistance à l'appel de Dieu. A trente neuf ans, pendant le Carême 1554, Thérèse atteint le sommet de cette lutte contre ses propres faiblesses. Puis son évolution intérieure la porta vers l'idée de réformer l'ordre carmélitain. Soutenue par son évêque, elle fonda en 1562 à Avila le premier carmel réformé", suivi par dix sept nouvelles fondations. Sa rencontre avec saint Jean de la Croix, qui avait établi en 1568 près d'Avila le premier couvent de carmes déchaux, fut fondamentale. Thérèse d'Avila, qui mourut en 1582, fut béatifiée par Paul V en 1614 et canonisée en 1622 par Grégoire XV.

Paul VI lui attribua en 1970 le titre de Docteur de l'Église.

Puis Benoît XVI a rappelé que la sainte espagnole, sans avoir reçu une formation académique, sut toujours tirer bénéfice des enseignements théologiques, littéraires et spirituels de ses maîtres. Elle écrivit son autobiographie intitulée Le livre des miséricordes du Seigneur, écrit pour soumettre son âme au discernement de son confesseur saint Jean d'Avila. Elle écrivit ensuite Le chemin de la perfection à l'attention de ses religieuses, mais l’œuvre mystique majeure de sainte Thérèse fut son Château intérieur de 1577, un écrit de la maturité dans lequel elle décrit le cheminement vers la sainteté. Le livre des fondations sera réservé à l'action réformatrice de son ordre. Évoquant alors la spiritualité thérésienne, le Saint-Père en a souligné les vertus évangéliques qui sont à la base de la vie chrétienne..., en harmonie avec les personnages bibliques et à l'écoute de la Parole. Thérèse d'Avila affirmait le caractère essentiel de la prière, enseignant aux lecteurs de ses œuvres à prier avec elle. L'importance de l'humanité du Christ était un autre sujet de prédilection de la sainte, d'où la place qu'elle réservait à la méditation de la Passion et à l'Eucharistie, présence du Christ dans l'Église, fondement de la vie du croyant et cœur de la liturgie.

Son amour total pour l'Église, a rappelé Benoît XVI, allait de pair avec son affirmation de la perfection comme aspiration et finalité de toute vie chrétienne... Sainte Thérèse d'Avila est un maître de vie chrétienne pour les fidèles de tout temps. Dans une société souvent pauvre de spiritualité, elle nous apprend à être des témoins constants de Dieu, de sa présence et de son action. Son exemple de contemplative active doit nous pousser à consacrer chaque jour du temps pour la prière. Il ne s'agit pas de temps perdu mais un moment d'ouverture sur le chemin qui conduit à la vie, un moment pour apprendre de Dieu ce qu'est un amour ardent pour lui et son Église, ce qu'est la charité réelle à offrir à nos frères". (VIS 20110202 530)

- L'église de Hurigny, près de Mâcon abrite un grand vitrail de la Transverbération* de Thérèse d'Avila.

* La transverbération est le fait d’être transpercé, blessé au cœur... Le groupe sculpté par Le Bernin Extase ou Transverbération de sainte Thérèse d’Avila se trouve dans la Chapelle Cornaro de l’église Santa Maria della Victoria, à Rome.

L'Extase de Sainte Thérèse (ou Sainte Thérèse en Extase ou Transverbération de sainte Thérèse) est une sculpture en marbre de Gian Lorenzo Bernini, qui représente la transverbération de Thérèse d'Avila. L'œuvre, réalisée de 1647 à 1652, constitue le groupe central compris dans l'écrin de la Chapelle Cornaro de Santa Maria della Vittoria à Rome dont le Bernin a conçu entièrement l'architecture, la construction et la décoration. Mémoire de sainte Thérèse de Jésus, vierge et docteur de l'Église. Entrée à Avila dans l'Ordre du Carmel et devenue mère et maîtresse d'une observance plus stricte, elle disposa dans son cœur un itinéraire spirituel sous la forme d'une montée par degrés de l'âme vers Dieu; pour la réforme de son Ordre, elle dut supporter beaucoup de souffrances, qu'elle surpassa par une énergie sans faille; elle composa aussi des livres qui rapportent sa doctrine très élevée et son expérience, et mourut à Alba de Tormes en 1582.

Martyrologe romain

Qu'il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s'enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose !

Sainte Thérèse - Chemins de la Perfection

Le Château intérieur ou Les demeures de l’âme de Thérèse d’Avila (1577)


A la demande du Père Gracian, son directeur spirituel, Thérèse d’Avila va rédiger entre le 2 juin 1577 et le 29 novembre 1577 un traité sur l’oraison destiné aux moniales des couvents réformés qu’elle a fondés « Las Moradas del Castillo interior » (Les demeures du Château intérieur).
En effet le Livre de la Vie se trouve depuis deux ans entre les mains de l’Inquisition. Elle-même est assignée à résidence au monastère Saint-Joseph du Carmel à Tolède, car sa réforme des couvents est alors remise en question. La composition de l’ouvrage connaîtra une interruption de trois mois, car elle est obligée de retourner à son couvent de l’Incarnation d’Avila. Elle rédige donc cet ouvrage en deux mois environ.

Ses conditions de santé sont alors fort précaires : « Depuis trois mois, j’ai tel bruit dans la tête que j’ai de la peine à écrire » (Prologue). Ce qui frappe à la lecture, c’est la découverte d’un genre littéraire peu familier chez la Madre : la poésie qui s’épanouit en une métaphore filée tout au long de l’ouvrage. « Il s’agit de considérer que notre âme est un château tout de diamant ou de pur cristal, qui se compose de maintes pièces, tout comme il y a au ciel maintes demeures » (Chapitre 1).

Au centre du château « se trouve la salle principale où il se passe des choses du plus haut secret entre Dieu et l’âme » (I ères demeures I, 3). La porte d’entrée de ce château est l’oraison. Thérèse d’Avila avait déjà abordé ce sujet dans le Livre de la Vie dans une sorte d’autobiographie spirituelle. Ici, elle suit les conseils du Père Gracian : « Notez ce dont vous vous souvenez, ajoutez-y d’autres idées et faites un nouveau livre, sans nommer la personne en qui ces choses se sont passées. » Ainsi son expérience est transposée dans l’évocation des sept demeures du parcours de l’âme jusqu’au centre du château, lieu intime du « mariage spirituel ».


Résumé du Château intérieur ou Demeures de l’âme

1ères demeures : l’âme découvre le mystère du mal et du péché qui consiste, de la part du démon, « à refroidir l’amour et la charité des unes envers les autres ». Sont même dénoncés ici comme une ruse du démon « les zèles (spirituels) intempestifs » (I, II, 17).

2èmes demeures : l’accent est alors mis sur la vertu de persévérance dans l’oraison, car « si mollement que vous vouliez la pratiquer, Dieu en fait grand cas » (II, 3). L’aide spirituelle peut venir de « voix et d’appels » tels que des paroles de gens de bien, des sermons, de bonnes lectures, mais aussi des maladies ou des épreuves.

3èmes demeures : les sécheresses spirituelles, qui tarissent notre oraison, doivent être une école d’humilité et non d’inquiétude. Cette humilité consiste à accepter cette épreuve et « à soumettre en tout notre volonté à celle de Dieu » (II, II, 6).

4èmes demeures : « Comme à présent ces demeures sont plus proches du lieu où se tient le Roi, grande est leur beauté » (IV, I, 2). La distinction est faite entre les joies naturelles et bénéfiques qui « ont leur source en nous et aboutissent à Dieu » et « la jouissance (spirituelle) qui a sa source en Dieu » (IV, I, 4). Ce vocabulaire nous prépare à la notion d’union mystique.

5èmes demeures : où il est traité de la façon dont l’âme s’unit à Dieu dans l’oraison. « Sa Majesté elle-même est notre demeure dans cette oraison d’union dont nous sommes, nous, les ouvrières » (V, II, 5). « Oh, Seigneur, quelles épreuves nouvelles attendent cette âme ! Qui aurait dit cela après une aussi haute faveur ? Enfin, bref, d’une manière ou d’une autre, il y a forcément une croix à porter tant que nous vivons » (V, II, 9).

6èmes demeures : « Où elle montre comment, à mesure que le Seigneur accorde de plus hautes faveurs, les épreuves se font plus rudes » (VI, I). L’âme va éprouver toutes sortes d’épreuves intérieures et extérieures avant d’entrer dans la septième demeure : persiflage ou éloges excessifs, très graves maladies sans compter les peines intérieures. Cependant des signes indubitables montrent que l’âme a bien expérimenté l’oraison d’union : d’abord la charge de puissance et d’autorité des mots entendus, ensuite la grande quiétude qui demeure en l’âme, enfin la persistance de ces paroles qui ne s’effacent jamais.

7èmes demeures : c’est la révélation du Mystère de la Très Sainte Trinité. « L’âme comprend avec une absolue certitude que ces trois personnes distinctes sont une seule substance, un seul pouvoir, un seul savoir et un seul Dieu » (VII, I, 6). « L’âme voit de toute évidence qu’elle abrite ces trois Personnes en son sein, tout à fait tout à fait à l’intérieur, au plus profond, sans pouvoir dire, par manque d’instruction, comment elle ressent en elle cette divine compagnie » (VII, I, 7).

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Tel est l’itinéraire mystique vécu par Thérèse d’Avila qu’elle dévoile à ses moniales, ses filles spirituelles, par le détour de l’image qui préserve le Sacré.