Le matin du 25 août 1572, le spectacle à Paris était apocalyptique

Le 22 août 1572, quelques jours après le mariage d’Henri IV avec Marguerite de Valois, Coligny fut victime d’une tentative d’assassinat. Une balle l’atteignit, mais se limita à lui arracher l’index de la main gauche et lui briser le bras. Le soir, dit-on, Catherine de Médicis, embarrassée, avoua à son fils Charles IX qu’elle était l’instigatrice du complot raté et que les huguenots s’armaient pour le tuer et mettre le royaume à feu et à sang. Elle tenta de le persuader que le seul moyen de prévenir la sédition générale était de tuer les chefs protestants.

A l’intérieur du Louvre, les nobles huguenots furent systématiquement égorgés. L’un d’eux fut même poursuivi jusqu’à la ruelle du lit de Marguerite de Valois ! Seuls Henri de Navarre et le prince de Condé furent épargnés. Toutefois, avertis du danger, la plupart des principaux chefs avaient pris soin de fuir avant. En principe, seuls les dirigeants devaient périr. Mais la troupe se mit à traquer aussi tous les huguenots dans Paris, comme des chasseurs cherchant du gibier à tout prix. Les soudards en égorgèrent tant qu’ils purent, souvent dans leur lit, quand ils n’arquebusaient pas ceux qui essayaient de s’enfuir par les toits. La populace se mêla au carnage avec une violence fanatique inouïe pendant cinq jours, malgré les efforts du roi et de la municipalité d’arrêter le carnage. Quantité de protestants, enfants compris, furent déshabillés, traînés, mutilés, étripés, jetés à la Seine ; les femmes enceintes étaient éventrées.

La Saint Barthélemy est l’épisode le plus sanglant des guerres de religion qui marquent le XVIe siècle. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572 à Paris, les protestants sont massacrés par les hommes du roi Charles IX. Dans la semaine qui suit, entre 5 000 et 10 000 protestants, hommes, femmes et enfants, sont assassinés dans toute la France.

Ces tueries s’inscrivent dans un contexte général de tensions entre les communautés religieuses. Mais elles ont aussi des causes plus immédiates. La sœur du roi, Marguerite de Valois, va épouser le protestant Henri de Navarre, futur Henri IV. Catherine de Médicis persuade alors son fils, le roi Charles IX, qu’il est menacé par un complot des nobles protestants venus assister au mariage. Profitant de leur présence, Charles IX ferme les portes de la ville et les fait assassiner en pleine nuit. L’amiral de Coligny, l’un des chefs de la minorité religieuse, est tué dans son lit. Le peuple de Paris se joint au massacre, qui s’étend ensuite à la France entière. Le massacre de la Saint-Barthélemy ouvre la quatrième guerre de religion entre protestants et catholiques français.

Le matin du 25 août 1572, le spectacle à Paris était apocalyptique. D’innombrables cadavres, des têtes coupées, des membres et des troncs épars baignant dans des flaques de sang jonchaient les rues, tandis que la Seine charriait des corps flottants.