La Fronde, est une période de troubles graves.

Paris s'insurge, des barricades se dressent dans la ville.

Le 26 août 1648, le vénérable conseiller Broussel, très populaire, est arrêté par la police royale. Le lendemain, Paris s'insurge, des barricades se dressent dans la ville. Le soir, Anne d'Autriche, régente du royaume de France depuis la mort de Louis XIII, est obligée de libérer Broussel qui, avec quelques autres, s'était élevé contre l'autorité royale. Ainsi débuta la Fronde, révolution qu'on affubla du nom d'un jeu d'enfants, mais qui fut en réalité une véritable guerre civile.

Tandis que la Cour, attendant la majorité du roi, repoussait de jour en jour le projet d'une assemblée des Etats Généraux, la guerre civile ravageait la Champagne et la Bourgogne.

A la mort de Richelieu, Mazarin, "l'étranger", devenu ministre d'Anne d'Autriche, poursuit la politique du cardinal, provoquant le mécontentement général en levant de lourds impôts pour la guerre de Trente Ans. Afin de défendre ses propres privilèges, le Parlement de Paris prend la tête de la révolte, engageant la Fronde parlementaire. Par une nuit glaciale, du 5 au 6 janvier 1649, le petit roi Louis XIV, âgé de 10 ans, doit quitter le Louvre, avec la cour, pour se réfugier à Saint-Germain-en-Laye.

Dans Paris en proie à la plus grande agitation, on crie "Vive le roi tout seul", tandis que le "gredin de Sicile" est fustigé par les "mazarinades", ou brûlé en effigie sur les places publiques. Des clans se forment. Les "bonnets carrés" du Parlement se méfient de la noblesse d'épée, les bourgeois redoutent le peuple, tandis que des ambitieux comme Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris et futur cardinal de Retz, servent successivement tous les partis, au gré de leurs intérêts particuliers. Aussi, quand l'armée du prince de Condé arrive dans la capitale, les esprits se calment, et l'on négocie la paix de Rueil (11 mars 1649), qui accorde le pardon général.

Mais "le Mazarin" est toujours jalousé. Condé, "Monsieur le prince", intrigue, et agace si bien le cardinal qu'il est arrêté en plein Louvre (janvier 1650). Les grands (Baufort, Mme de Longueville, sœur de Condé) se soulèvent, et cette Fronde des princes est vite rejointe par celle des parlements. Cette fois, l'autorité monarchique est directement mise en cause.

Fidèle à sa tactique, Mazarin préfère se réfugier en Rhénanie, après avoir fait libérer Condé. Ce dernier se joint immédiatement aux bourgeois parisiens insurgés, pour se brouiller avec eux tout aussi rapidement. Turenne revient à la cause royale, qu'il a trahie un temps pour les beaux yeux de la duchesse de Longueville, et bat les troupes de Condé au faubourg Saint-Antoine (juillet 1652). Mais le prince se réfugie dans Paris grâce à la Grande Mademoiselle, nièce de Louis XIII, qui lui ouvre les portes et n'hésite pas à faire tirer les canons de la Bastille contre le camp de son royal cousin. Dans le royaume las des troubles, le calme revient peu à peu, facilité par la souplesse de Mazarin qui parvient à désarmer les préventions contre sa propre personne. Seul, le vainqueur de Rocroi refuse le ralliement; il préférera pour un temps les Espagnols. Le 13 février 1653, Mazarin rejoint enfin la Cour, à Paris.

Dans ce grand feu de paille, les grands ont définitivement brûlé leurs munitions, et la monarchie absolue couve déjà sous les cendres. Pendant ce temps, dans les campagnes ravagées par la misère, un homme promis à la sainteté, Vincent de Paul, tente d'alléger les souffrances du peuple.